André Rossinot, co-président du Parti radical, a déploré dans un communiqué que "grâce à la victoire du non, la seule Europe qui triomphe aujourd'hui est économique et financière". Il a demandé l'ouverture de"nouvelles négociations au niveau gouvernemental pour relancer la grande ambition européenne".
Pour Valéry Giscard d'Estaing, "la France et l'Europe ne disent rien parce qu'elles sont en panne", la France ayant "beaucoup perdu" avec la victoire du non au référendum, d'autant que"le plan B n'existait pas". Le président de la Convention qui fut chargée de rédiger le traité constitutionnel a toutefois jugé, sur Europe 1, qu'il y avait "un créneau de chances", avec notamment le "changement de contexte en France" à la faveur de la présidentielle en 2007, espérant que ce créneau soit "saisi par les Français" pour "faire retrouver à la France son rôle, sa place en Europe".
"Il serait malsain de faire croire que l'Europe est en panne aujourd'hui, parce que c'est exactement tout le contraire", a estimé le ministre des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, sur LCI, ajoutant que "l'Europe continue à avancer au quotidien". S'il a reconnu qu'aucun référendum ne serait organisé dans l'année sur le traité constitutionnel, pour lui, "le sujet n'est pas là, le sujet est de savoir si l'Europe aujourd'hui se comporte comme une union politique capable vis-à-vis des Américains, du Mercosur (Marché commun sud-américain), de l'Asean (Association des nations d'Asie du Sud-Est)". "Est-ce que nous nous comportons comme un groupe de pays capable de faire de la politique, c'est-à-dire une défense, une politique étrangère ?" a-t-il poursuivi.
Valérie Pécresse, porte-parole de l'UMP, a estimé que "l'année écoulée a permis un travail de vérité", en montrant qu'il n'y avait "pas de plan B". Affirmant que "l'UMP, contrairement au Parti socialiste, ne peut se satisfaire d'une Europe en panne", elle a rappelé lors de son point de presse hebdomadairequ'à l'issue de sa convention sur l'Europe, le parti de Nicolas Sarkozy avait proposé "une démarche en trois étapes" : améliorer le fonctionnement des institutions à travers des initiatives qui n'ont pas besoin d'un traité, rebâtir un traité à partir des dispositions qui font consensus, et lancer "un grand débat sur les questions qui sont cruciales pour l'avenir de l'Europe dans les dix prochaines années : quelles frontières, quels financement et quelle politique".
Constatant que le vote en faveur du non "n'a donné lieu à aucune initiative politique de la part de l'exécutif français, ni de la part de la Commission européenne", tandis que "le président de l'UMP se satisfait pleinement de l'Europe qu'il voulait, à savoir une Europe purement libérale", le porte-parole duPS, Julien Dray, a estimé qu'il faudrait attendre 2007 et "une nouvelle majorité politique" pour la relancer. Il a fait valoir que le PS, "seul de tous les partis", a su "dépasser les contradictions du oui et du non", grâce à la synthèse opérée au congrès du Mans, en novembre. M. Dray a précisé les propositions, "en trois temps", que devrait faire le PS sur l'Europe dans le cadre de son projet : "Un plan de relance de l'Europe concrète" autour d'initiatives sur l'emploi, l'industrie et l'énergie, une définition "précise" des frontières de l'Europe et enfin l'engagement d'une "démarche constitutionnelle" donnant lieu à un texte "plus précis, plus court", et soumis à ratification populaire.
Laurent Fabius (PS) : un "plan de relance" et "une armée franco-allemande"
Laurent Fabius, candidat à l'investiture PS pour 2007, a proposé de relancer le dialogue franco-allemand et "de mettre en avant l'objectif d'une armée franco-allemande, base ensuite d'une défense européenne". Celui qui fut l'un des principaux avocats du rejet du traité constitutionnel a estimé que le non au référendum était "nécessaire" mais "pas du tout suffisant"', et appelé à "un plan de relance européen" : "On a besoin d'une politique nouvelle en matière d'emploi et de croissance, en matière énergétique, d'environnement, de défense", tandis que sur "l'aspect proprement institutionnel, il faut reprendre le mécanisme" : "Tout ce qu'on a appelé la partie 3, c'est-à-dire le contenu des politiques libérales qui n'avait rien à voir dans une Constitution, il faut complètement l'exclure, et il faut repartir sur la partie 2, c'est-à-dire les préoccupations sociales, en changeant sur la partie 1 et la partie 4 un certain nombre d'éléments". Il a appellé à travailler "d'abord avec ceux qui veulent avancer", au sein de coopérations renforcées, pour "repartir vers une Europe vraiment sociale".
Henri Emmanuelli (PS) : "On n'a pas compris la portée du 29 mai"
Henri Emmanuelli, qui fut l'un des partisans du non au sein du PS, estime qu'"on n'a pas compris la portée" de la victoire du non au référendum, et que "ceux qui sont en responsabilité" n'en ont tiré "aucune conclusion". "Il faut un plan de relance, il faut un budget qui vienne à 2 % du PIB, il faut entamer une discussion sur un traité social, il faut une harmonisation fiscale et il faut ensuite un nouveau texte constitutionnel approuvé par les opinions publiques qui sera plus réduit et qui se limitera à dire qui fait quoi et comment on décide", a déclaré le député des Landes, sur RTL.
Marie-George Buffet (PCF) : "On ne peut pas en rester au statu quo"
"Les gouvernements ont refusé de tirer les enseignements du non et de l'état actuel de l'opinion publique", mais"on ne peut pas en rester au statu quo", a estimé Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, lors d'un point de presse. Elle a souhaité "une consultation citoyenne sur un nouveau traité" qui envisagerait notamment un développement des services publics, une harmonisation sociale et fiscale, un nouveau rôle pour la Banque centrale européenne et une augmentation du budget européen. Si une candidature unique de la gauche anti-libérale à la présidentielle est "réalisable", "un an après le référendum européen du 29 mai, tout est à faire", a-t-elle constaté.
LCR : pas de coalition avec le PS
"Etre fidèle à l'esprit du 29 mai, c'est rompre avec le libéralisme, interdire les licenciements, augmenter les salaires, développer les services publics, abroger la réforme des retraites, de la Sécu, les privatisations, c'est-à-dire se confronter au Medef. Tout cela est incompatible dans le cadre d'une coalition gouvernementale ou parlementaire avec la direction du PS", indique la Ligue communiste révolutionnaire dans un communiqué.
Génération écologie : "Jacques Chirac doit reprendre l'initiative"
Le non au référendum "a affaibli la France et sa position en Europe", estime Génération écologie dans un communiqué : "Jacques Chirac doit reprendre l'initiative avant la fin de son mandat et proposer au Parlement réuni en congrès à Versailles de voter un nouveau texte rapprochant la France des signataires du traité".
Philippe de Villiers (MPF) : "La classe dirigeante a trahi le peuple"
Le président du Mouvement pour la France, Philippe de Villiers, a dénoncé une "forfaiture", affirmant que "la classe dirigeante a trahi le peuple" en n'entendant pas le "message" du non : "La négociation sur l'entrée de la Turquie a commencé quand même, comme si de rien n'était", "le gouvernement français n'a pas eu la permission de baisser la TVA pour les restaurateurs", "Jacques Chirac n'a pas retiré la signature de la France du projet constitutionnel", et "Nicolas Sarkozy propose de faire adopter par la voie parlementaire, par la petite porte, le projet raccourci de Constitution européenne", a-t-il énuméré, jugeant un nouveau texte inutile. Il a prédit qu'àla présidentielle de 2007, les Français enverront "un message de colère, de protestation".
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